Appel à communications

Selon Gomet et Bauer (2014), les activités de raquette font référence à toutes formes de pratiques corporelles dont le principe repose sur le fait de capitaliser des points, seul ou à deux, en agissant sur un mobile à l’aide d’une raquette dans une surface de jeu délimitée. À partir d’un ancrage commun dans le jeu de paume, ces activités se sont diversifiées autour d’un noyau dur (tennis, tennis de table, badminton, squash), et continuent d’évoluer (Méry, 2008), comme l’illustrent le développement actuel du padel-tennis et l’émergence d’une multitude de pratiques « alternatives » (beach tennis, street tennis, plumfoot, speedminton, blackminton…). Répondant à des logiques d’engagement de plus en plus variées, les activités de raquette, objet de passion(s) pour les pratiquants, deviennent simultanément un objet de réflexion de plus en plus complexe nécessitant un regard pluridisciplinaire.

Dans ce contexte, un ouvrage intitulé « Regards sur les activités de raquette », à paraître début 2020 aux éditions AFRAPS, avait pour objectif de proposer une synthèse actualisée des connaissances sur ces activités, à destination d’étudiants, d’enseignants d’EPS, d’enseignants- chercheurs ou encore d’entraîneurs (Visioli et Petiot, à paraître). Les activités de raquette sont envisagées du point de vue des sciences de la vie, des sciences sociales, des sciences humaines, mais également d’un point de vue professionnel, en Education Physique et Sportive d’une part, et en milieu fédéral d’autre part. Le présent colloque s’inscrit dans le prolongement de cet ouvrage. Il vise à enrichir la réflexion afin de mieux comprendre et intervenir dans les activités de raquette, à partir de différents éclairages scientifiques et professionnels.

Trois axes scientifiques

Selon une récente étude, les activités de raquette semblent particulièrement intéressantes dans le cadre d’une politique de santé par la pratique physique (Oja et al., 2017). Le regard des sciences de la vie permet de mieux comprendre les sollicitations biomécaniques et physiologiques liées aux activités de raquette, dans une double perspective d’optimisation de la performance et d’éducation à la santé (Martin, 2018). Quels sont les apports des travaux récents pour penser la préparation physique et la gestion des blessures dans les activités de raquette ?

L’évolution des activités de raquette dans la société peut être interrogée en termes de permanences et de transformations, pour mieux cerner les évolutions des pratiques et les représentations du corps sous-jacentes (Peter, 2015). À l’aune du prisme des sciences sociales, comment peut-on analyser les jeux de filiations entre ces activités et leur processus de diversification (Lesage, 2012) ? Comment se pose la question du processus de démocratisation culturelle et sexuée dans le cadre des activités de raquette ?

Les sciences humaines s’intéressent particulièrement aux déterminants psychologiques de la pratique et de l’intervention dans les activités de raquette. Comment appréhender l’activité perceptivo-motrice du joueur (Triolet et al., 2013), mais aussi les dimensions affectives engagées au cœur de l’opposition (Martinent et al., 2018) ? De ces questions dépendent certainement l’efficacité des procédures d’intervention pour accompagner le progrès des pratiquants (Ensergueix et Lafont, 2011).

Deux axes professionnels

Les activités de raquette occupent une place de plus en plus importante à l’école depuis le début des années 1980. Comment expliquer le succès du badminton, et dans une moindre mesure du tennis de table, alors que les autres activités (dont le tennis) sont laissées à distance des programmations (Gomet & Bauer, 2014) ? En relation avec l’évolution des conceptions de l’enseignement des activités de raquette en EPS (Roure, 2012), des choix didactiques et pédagogiques sont privilégiés. Quelles propositions peuvent être formulées pour l’enseignement des activités de raquette en EPS afin de favoriser l’engagement de tous les élèves ?

Pour les enseignants d’EPS, l’intervention dans les activités de raquette peut être analysée dans les phases de planification, d’interaction et d’évaluation, en lien avec des choix tant didactiques que pédagogiques. Cela ouvre donc à différents possibles en termes de communications, pour des enseignants d’EPS ou des formateurs en STAPS. En particulier, dans les nouveaux programmes de lycée (BO du 22/01/2019), « l’enseignant doit exercer sa pleine responsabilité de concepteur afin de définir les contextes d’apprentissage spécifiques dans lesquels ses élèves pourront s’engager ». Dès lors, comprendre l’intervention dans les activités de raquette invite à développer des propositions professionnelles susceptibles de favoriser l’engagement de tous les élèves, et de permettre les conditions de l’apprentissage, du développement, de l’éducation. En prolongement, la question de l’innovation dans l’enseignement des activités de raquette en EPS est posée, et invite à la réflexion au sein de la profession.

Dans leur processus de professionnalisation, les organisations fédérales doivent plus que jamais allier politique de haut niveau et objectif de sport pour tous. C’est pourquoi des propositions professionnelles à destination des entraîneurs (Sève, 2000) ou des préparateurs physiques (Hidalgo & Mazerie, 2018) pourront être formulées. Quels sont les déterminants de la performance communs et spécifiques aux différentes activités de raquette ? Il s’agira ici à la fois d’aborder les problématiques liées à la détection et à la formation du joueur, les compétences de l’entraîneur, mais aussi la prise en compte des publics particuliers, au moment où le parabadminton devient olympique (2020).

  • Ensergueix, P., & Lafont, L. (2011). Impact of trained versus spontaneous reciprocal peer tutoring on adolescent students. Journal of Applied Sport Psychology, 23(4), 381-397.
  • Gomet, D., & Bauer, T. (2014). Les sports de raquette : les enjeux d’une intégration scolaire tardive. In A l’école du sport. Epistémologie des savoirs corporels du XIXe siècle à nos jours (Michaël Attali et Jean Saint-Martin). De Boeck.
  • Hidalgo, A. & Mazerie, J. (2018). Tennis, préparation physique pour tous. Paris : Editions Amphora.
  • Lesage, T. (2012). Logique interne et filiations : la famille des jeux de paume et de raquette au prisme de la praxéologie motrice. In H. Joncheray & M. Vigne (Eds), Jeux et sports : la mise en action du corps (pp. 101-122). Paris : L’Harmattan.
  • Martin, C. (2018). Tennis. Optimisation de la performance. DeBoeck.
  • Martinent, G., Cece, V., Elferink-Gemser, M., Faber, I., & Decret, J.-C. (2018). The prognostic relevance of psychological factors with regard to participation and success in table-tennis. Journal of Sports Sciences, 36(23), 2724-2731 .
  • Méry, S. (2008). Un filet et des sports, Approches sociologique, historique, prospective, comportementaliste. Paris : L’Harmattan.
  • Oja, P., Kelly, P., Pedisic, Z., Titze, S., Bauman, A., Foster, C., Hamer, M., Hillsdon, M. & Stamatakis, E. (2017). Associations of specific types of sports and exercise with all-cause and cardiovascular-disease mortality: a cohort study of 80 306. British adults. British Journal of Sports and Medicine, 51(10), 812-817.
  • Peter J-M. (2015). Du dehors au-dedans : Les transformations des représentations corporelles du XVIe au XXe siècle. L’exemple de la paume et du tennis. Corps, 12, 177-186.
  • Sève, C. (2000). Le tennis de table : entraînement et compétition. FFTT : Montrouge.
  • Triolet, C., Benguigui, N., Le Runigo, C., & Williams, A. M. (2013). Quantifying the nature of anticipation in professional tennis. Journal of Sports Sciences. 31(8), 820-830.
  • Visioli, J. & Petiot, O. (A paraître). Regards croisés sur les activités de raquette. AFRAPS.